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E-Government Development in Comores

Comores

Overview

Resumé
Depuis la seconde moitié des années 2010, le Gouvernement comorien a intensifié ses efforts pour fournir aux citoyens des services publics numériques facilement accessibles. Dans le cadre de la transformation numérique de l’administration publique aux Comores, une attention particulière est accordée à l’élaboration de cadres réglementaires et à la garantie de la cybersécurité.

Outre plusieurs entités publiques chargées de la gestion du secteur des TIC dans le pays (telles que le Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie Numérique et l’ANRTIC), l’Agence Nationale de Développement du Numérique (ANADEN) a été créée en 2019 à travers le décret N19-014/PR du 10 janvier 2019 pour superviser la numérisation nationale. Parmi ses objectifs, l’agence est chargée de la mise en œuvre de la première stratégie numérique nationale adoptée en 2018 par le Conseil des ministres: Comores Numérique 2028. La Banque mondiale a soutenu les premières actions portant sur sa mise en œuvre de 2019 à 2021.

Digitalization timeline

2025
2024
2023
2022
2021
2019
2018
2016
2011
2010
2009
2008
2006

Topics and services

Régulateurs

Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) en l’Union des Comores est supervisé par trois institutions publiques clés, chacune ayant un mandat distinct mais complémentaire: l’Agence Nationale de Développement du Numérique (ANADEN), l’Autorité Nationale de Régulation des TIC (ANRTIC) et le Ministère des Postes, Télécommunications et de l’Économie Numérique.

L’ANADEN est chargée de piloter les efforts de développement numérique du pays. Elle est responsable de la mise en œuvre de la stratégie numérique nationale, Comores Numérique 2028, adoptée par le Conseil des ministres en 2019. En plus de l’exécution des programmes, l’agence élabore des cadres en matière de cybersécurité, mobilise des ressources pour financer les projets numériques, promeut l’innovation et l’entrepreneuriat numérique, et conseille le gouvernement sur l’amélioration de l’environnement des affaires dans le secteur numérique. Elle soutient également le développement des compétences et assure la coordination entre les diverses initiatives numériques publiques.

Le Ministère des Postes, Télécommunications et de l’Économie Numérique, tel que défini dans la loi n° 08-007/AU, est chargé de définir la politique nationale en matière de TIC et d’en fixer les orientations stratégiques. Il élabore et supervise les plans directeurs du secteur et coordonne la participation des Comores aux initiatives régionales et internationales dans le domaine des TIC. Le ministère s’appuie sur l’expertise de l’ANRTIC et de l’ANADEN pour l’exercice de ses fonctions, et peut mandater l’ANRTIC pour conduire des études sectorielles ou des évaluations à visée stratégique. Il supervise également le fond de service universel, géré par le Ministère des Finances, qui soutient le développement des infrastructures et l’inclusion numérique. En matière d’extension des services ou d’accès aux réseaux, le ministère peut charger l’ANRTIC de lancer des appels d’offres publics, en concertation avec le ministère des Finances concernant l’utilisation des subventions.

L’ANRTIC, créée par le décret n° 09-065/PR, est l’autorité de régulation indépendante du secteur des TIC, disposant de l’autonomie juridique et financière. Ses missions principales incluent l’application de la législation sur les communications électroniques, la délivrance des licences, l’attribution et la supervision du spectre des fréquences radio, ainsi que le respect des normes techniques et de qualité de service. L’ANRTIC veille à la concurrence loyale, résout les différends entre opérateurs, et protège les droits des consommateurs. Elle conseille également le ministère sur les aspects juridiques et réglementaires, notamment dans le cadre de la participation des Comores aux accords internationaux et régionaux. Bien qu’elle n’intervienne pas dans les activités commerciales ou d’investissement, l’ANRTIC mène des études techniques, juridiques et économiques pour appuyer une régulation fondée sur des données probantes, et peut recevoir des mandats spécifiques du ministère.

Réglementations

Loi sur la cybersécurité et cybercriminalité

Décret n° 22-003/PR – promulgation de la loi n° 21-012/AU relative à la cybersécurité et à la lutte contre la cybercriminalité

Cette loi définit les missions de l’Agence Nationale de Développement du Numérique (ANADEN), encadre la fourniture de services numériques de confiance, et introduit des exigences en matière de sécurité pour les réseaux, les systèmes d’information et les infrastructures numériques critiques, y compris les outils et services cryptographiques. Elle couvre également les infractions liées à l’usage abusif des TIC, les atteintes aux données personnelles, les violations de la propriété intellectuelle, ainsi que les activités illicites sur les réseaux de communication électronique. La loi précise les responsabilités des prestataires de services en ligne et adapte les dispositions pénales existantes au contexte numérique, y compris les règles applicables à la poursuite des cybercrimes.

Loi sur la protection des données personnelles

Loi n° 14-029/AU portant protection des données à caractère personnel

Cette loi réglemente le traitement des données personnelles, définit les droits des individus et fixe les obligations des responsables de traitement. Elle établit la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) en tant qu’autorité de contrôle compétente et précise les sanctions applicables en cas de manquement.

Standards d’E-Gouvernance

Certains principes encadrant les services publics électroniques figurent dans le décret n° 14-197/PR et le décret n° 15-091/PR, mais des réglementations précises définissant les normes de l’e-Gouvernement n’ont pas encore été adoptées.

Cadre d’Interopérabilité de l’E-Gouvernance

Les dispositions légales encadrant le cadre d’interopérabilité de l’e-Gouvernement n’ont pas encore été établies.

Loi sur la Signature Électronique

Bien qu’aucune législation spécifique sur la signature électronique n’ait encore été adoptée en l’Union des Comores, la loi n° 14-029/AU et le décret n° 22-003/PR reconnaissent la signature électronique comme un élément important des données personnelles et un mécanisme d’authentification de l’identité contribuant à la cybersécurité. De plus, le décret n° 20-091/PR stipule que, dans le cadre des contrats de services de paiement, les signatures électroniques et les documents électroniques possèdent la même valeur juridique que leurs équivalents manuscrits.

Réglementation sur l’Intelligence Artificielle

Aucun cadre réglementaire relatif à l’intelligence artificielle (IA) n’a encore été élaboré.

Stratégies

L’Union des Comores a adopté sa première stratégie numérique nationale en 2019, intitulée Comores Numérique 2028, suite à son approbation par le Conseil des ministres. Sa mise en œuvre est pilotée par l’Agence Nationale de Développement du Numérique (ANADEN), créée pour superviser la transformation numérique du pays. La stratégie bénéficie du soutien de la Banque mondiale.

Elle s’articule autour de six axes stratégiques : la capital humain, le développement du cadre juridique, réglementaire et institutionnel, la confiance numérique (la cybersécurité), le e-gouvernement, la vulgarisation des outils numériques partout et pour tous, et le développement et la diversification du secteur des TIC. La stratégie fixe également des objectifs quantitatifs : porter la contribution du secteur des TIC au PIB à 5 % et attirer 30 milliards de francs comoriens (environ 67 millions USD) d’investissements directs étrangers d’ici 2028.

Malgré une infrastructure encore limitée, identifiée comme un obstacle majeur, la stratégie vise à porter le taux de couverture à 54 %. En matière d’e-administration, elle prévoit le développement de 14 plateformes numériques publiques (désignées sous le nom de «e-gouwshg»). Le budget estimé pour l’e-Gouvernement s’élève à 7,89 milliards KMF (soit 17,5 millions USD), représentant 15 % du programme global. Les allocations comprennent également 3,03 milliards KMF (5,7 %) pour le capital humain, 2,28 milliards KMF (4 %) pour les cadres réglementaires, et 0,94 milliard KMF (1,7 %) pour la cybersécurité.

En 2022, en cohérence avec les objectifs de la stratégie Comores Numérique, trois plateformes publiques ont été annoncées comme étant en phase finale de développement et proches de leur lancement :

  • Portail des Comores, conçu comme guichet unique d’accès aux services publics numériques ;
  • Plateforme E-Registre, permettant l’enregistrement en ligne des entreprises et des démarches connexes ;
  • Portail des Marchés Publics en Ligne, destiné à gérer les procédures de passation des marchés publics. Cette initiative est soutenue par la Banque mondiale.

D’autres plateformes ont également été introduites. La plateforme eRegulations, développée en partenariat avec la CNUCED, fournit des informations détaillées sur l’enregistrement d’entreprises, la fiscalité et les opportunités d’investissement. Par ailleurs, la première plateforme d’agriculture numérique, DIMAKOM, a été lancée par le gouvernement comorien via l’ANADEN, en collaboration avec DIMAKOM-FERME.

L’importance de la numérisation est aussi soulignée dans le Plan Comores Emergent 2020–2030 (PCE), adopté en 2019. Dans le cadre d’un programme national plus large, ce plan vient renforcer les objectifs de la stratégie Comores Numérique 2028, en insistant sur la nécessité de consolider les cadres juridiques et institutionnels, élargir l’accès aux TIC, mutualiser les infrastructures, et diversifier le secteur numérique au-delà des télécommunications. Il projette de faire des Comores une société de l’information à l’horizon 2030, où la numérisation contribuerait de manière significative à l’économie nationale, soutiendrait les autres secteurs et favoriserait la transformation sociale.

En 2024, la Banque africaine de développement a approuvé un financement de 9,51 millions d’euros pour le Projet d’Appui à la Digitalisation de l’Économie Comorienne (PADEC), dont le coût total estimé est de 22,53 millions d’euros. Cette initiative vise à appuyer la stratégie numérique du pays par l’extension des infrastructures dédiées aux services publics numériques. Elle comprend la construction et la mise en service d’un centre national aux normes et standards internationaux, la modernisation d’un site secondaire, ainsi que la création d’un incubateur d’innovation numérique, qui fonctionnera en partenariat public-privé. Le projet prévoit aussi le développement d’une plateforme d’administration numérique centralisée, une gamme de services en ligne, un système national de paiement public, et une plate-forme d’interopérabilité et d’échange de données. Il inclut également la mise en place d’une Autorité nationale de protection des données personnelles et d’accès à l’information, ainsi qu’un financement pour la formation aux compétences numériques à l’Université des Comores.

L’un des résultats clés de la stratégie Comores Numérique 2028 a été l’inauguration officielle, en mai 2025, d’un nouveau centre de données de l’administration publique financé par la Banque Mondiale à travers le projet régional des infrastructures de télécommunications (RCIP4). Cette infrastructure de niveau Tier I, cogérée par l’ANADEN et l’opérateur public Comores Câble, est conçue pour héberger de manière sécurisée les plateformes numériques gouvernementales. Ce centre joue un rôle central dans l’amélioration de la gestion des données, la réduction de la dépendance aux infrastructures étrangères, et le déploiement de services numériques tels que l’identité numérique et les portails d’e-Gouvernement.

Identification et biométrie

À l’heure actuelle, les Comores ne disposent pas de technologies d’identification électronique (e-ID), et leur mise en place n’est pas prévue dans la stratégie Comores Numérique 2028. Toutefois, le développement de tels systèmes est inclus dans les composantes de soutien du PADEC. Depuis 2010, des technologies biométriques ont cependant été partiellement intégrées dans le processus électoral (voir la section e-Élections pour plus de détails).

L’une des initiatives actuelles en lien avec l’identité numérique, lancée en mars 2025, concerne la mise en œuvre du système MIX-ID – une nouvelle plateforme de gestion du personnel du secteur public. Ce système remplace le GISE (Gestion Informatisée des Structures et des Effectifs), jugé obsolète, par un registre sécurisé et fiable, conçu pour éliminer les doublons et les enregistrements fictifs. Mené par le Ministère de l’Administration Publique et la Direction des Systèmes d’Information, ce projet comprend également l’émission de cartes professionnelles biométriques pour les agents de l’État. Il représente une avancée majeure vers une meilleure transparence et une plus grande efficacité administrative dans le secteur public.

E-taxes

Les Comores cherchent à numériser leurs procédures de paiement fiscal. À ce jour, la plateforme eRegulations fournit un aperçu des principaux impôts applicables aux entreprises. Toutefois, le site internet de l’Administration Générale des Impôts et Domaines (AGID), l’autorité en charge du recouvrement fiscal, reste inaccessible.

Source : eRegulations

Les TIC dans l’éducation

L’utilisation des TIC dans le secteur de l’éducation aux Comores demeure limitée. Bien que le site web du Ministère de l’Éducation Nationale (MEN) ait été lancé en 2016, il n’offre aucun accès à des services en ligne. Toutefois, l’importance de la numérisation de l’éducation est reconnue aussi bien dans la stratégie Comores Numérique 2028 que dans le Projet d’Appui à la Digitalisation de l’Économie Comorienne (PADEC).

La stratégie Comores Numérique 2028 identifie l’éducation comme l’un des secteurs clés devant progressivement opérer une transition numérique, notamment à travers le développement de contenus numériques locaux et le soutien aux start-ups innovantes dans des domaines prioritaires.

Dans le cadre de son composant éducatif, le PADEC vise à renforcer les capacités numériques dans l’enseignement supérieur. Le projet prévoit la rénovation des infrastructures de l’Université des Comores et de ses instituts techniques sur les trois îles, l’installation de réseaux Wi-Fi sur les campus, ainsi que la mise en place d’un système d’information numérique pour améliorer les processus administratifs et académiques. Il soutient également le développement de nouveaux programmes de formation en intelligence artificielle et en cybersécurité, ainsi que la création d’un laboratoire dédié à l’IA, reliant ainsi la réforme de l’enseignement aux objectifs plus larges de diversification économique et de résilience.

Les TIC dans le secteur de la santé

Les Comores disposent d’une Stratégie Nationale de Santé Numérique 2022–2026, bien que le document ne soit actuellement pas accessible au public. Néanmoins, le pays a déjà entrepris des démarches concrètes en matière de santé numérique, notamment avec le déploiement de CI_MEDECIN, un système d’information clinique permettant aux médecins de gérer les consultations et de maintenir des dossiers médicaux numériques complets. Le système permet la saisie de données en temps réel, le suivi des prescriptions, et l’intégration d’outils cliniques et administratifs variés.

Source : CI_MEDECIN

En juillet 2024, une initiative complémentaire a été proposée par l’ingénieure en recherche clinique Djamila Mohamed Saïd, visant à numériser les dossiers patients via une plateforme infonuagique (cloud). Le projet, présenté en présence du Ministre de la Santé et de représentants de l’OMS, a pour objectif d’améliorer l’accessibilité des données et la continuité des soins. Bien qu’il ait été accueilli favorablement par les parties prenantes, sa mise en œuvre se heurte à plusieurs obstacles, notamment le manque d’infrastructures informatiques et le faible niveau de préparation numérique du personnel. Le Ministère de la Santé a toutefois réaffirmé son engagement en faveur de la transformation numérique.

E-Justice

Les TIC ne sont pas encore intégrées dans le secteur de la justice aux Comores.

e-Élections, e-Vote 

En 2010, le gouvernement comorien a lancé le Projet d’Appui à la Modernisation du Fichier Électoral, avec l’assistance technique et financière du PNUD. L’initiative visait à établir un système électoral plus fiable et plus transparent, par l’introduction d’un registre électoral biométrique et la délivrance de cartes d’électeurs biométriques sécurisées. Le projet a impliqué la création d’un Centre National de Traitement des Données Électorales (CNTDE) et le déploiement de l’enregistrement biométrique sur l’ensemble du territoire. Les données d’empreintes digitales et de reconnaissance faciale ont été utilisées pour identifier les électeurs de manière unique, afin de prévenir les doublons et la fraude électorale.

En 2015, le registre biométrique était finalisé, le CNTDE est devenu opérationnel, et environ 70 % des électeurs éligibles avaient été enregistrés. La liste électorale utilisée pour les élections de cette année-là a été établie à partir de cette nouvelle base de données biométrique.

Les informations publiques concernant la poursuite de l’intégration des technologies biométriques dans le processus électoral restent limitées. Toutefois, en mai 2023, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a lancé une révision du fichier électoral sur l’ensemble du territoire de l’Union des Comores. Le processus a inclus l’enregistrement biométrique des nouveaux électeurs, la mise à jour des données de l’état civil, et la radiation des inscriptions non valides. Les listes électorales définitives devaient être préparées par le CNTDE, ce qui laisse entendre que les infrastructures biométriques continuent d’être utilisées. Malgré ces avancées, selon la base de données 2024 de l’ONU sur l’e-Gouvernement, les Comores n’enregistrent actuellement aucun niveau mesurable de e-participation (EPART 2024 : 0.0000).

Government Service Bus

En mai 2025, l’Union des Comores a lancé son premier Government Service Bus (GSB) dans le cadre de la mise en service du centre de données de l’administration publique de niveau Tier I, inauguré le 19 mai et cogéré par l’Agence Nationale de Développement du Numérique (ANADEN) et Comores Câble. Cette infrastructure, dotée d’une capacité d’hébergement de 44,4 térabits, est conçue pour héberger en toute sécurité les plateformes numériques des secteurs public, et pour centraliser les données publiques selon les normes la capital humain, le développement du cadre juridique, réglementaire et institutionnel, la confiance numérique (la cybersécurité), le e-gouvernement, la vulgarisation des outils numériques partout et pour tous, et le développement et la diversification du secteur des TIC internationales.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale Comores Numérique 2028, qui vise à porter la contribution du secteur numérique à 5 % du PIB et à réduire la dépendance du pays à l’égard des infrastructures étrangères.

Internet de l’Environnement

Les technologies de l’information et de la communication (TIC), y compris Internet, ne sont actuellement pas utilisées aux Comores à des fins de protection de l’environnement ou de suivi et gestion environnementale.

G2B

e-Procurement

Le Portail “Marchés Publics en Ligne” est destiné à gérer les marchés publics aux Comores à toutes les étapes du processus, depuis la préparation des dossiers d’appel d’offres jusqu’à l’attribution des contrats. Ce projet est également soutenu par la Banque mondiale. La plateforme a été annoncée, mais n’est pas encore opérationnelle.

Système d’Enregistrement des Entreprises et Sociétés 

La plateforme eRegulations permet de créer une entreprise, de s’enregistrer en tant que commerçant, et fournit des informations de référence sur la fiscalité, les possibilités d’investissement, etc.

Source : eRegulations

La plateforme e-Registre, annoncée dans le cadre des efforts de numérisation des procédures d’enregistrement des entreprises, a pour objectif de permettre la déclaration d’une activité commerciale et l’accomplissement des démarches nécessaires en ligne. Le projet est piloté par le Ministère de l’Économie, de l’Industrie, des Investissements, à travers l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANPI), et soutenu par la Banque mondiale dans le cadre de la quatrième phase du Programme Régional pour l’Infrastructure de Communication (RCIP-4). À ce jour, la plateforme n’a pas encore été lancée.

Guichet Unique du Commerce Extérieur 

Le Guichet Unique pour le Commerce Extérieur, basé sur la plateforme SYDONIA (SYstème DOuANier Automatisé), a été lancé en 2018. Cependant, SYDONIA World est actuellement opérationnel principalement au sein de l’Administration des douanes.

L’Administration des douanes, relevant du Ministère des Finances et du Budget, est responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique douanière, de la réglementation du commerce international des marchandises, ainsi que de la collecte des recettes et des activités de contrôle. Elle opère à travers des services centraux et régionaux, assurant la conformité sur l’ensemble du territoire national. Chaque île autonome dispose de son propre bureau régional des douanes, rattaché à l’autorité centrale.

Source : Sydonia World

Numérisation de l’agriculture

En mars 2022, la plateforme DIMAKOM, première plateforme numérique dédiée à l’agriculture dans l’Union des Comores, a été lancée. Initiée et financée par le Gouvernement comorien à travers l’ANADEN, cette plateforme vise à soutenir l’innovation numérique dans le secteur agricole. Elle facilite l’achat de produits agricoles en réunissant les producteurs des trois îles – Anjouan, Mohéli et Ngazidja – sur un marché en ligne unique. La plateforme offre également des informations de référence et des coordonnées pour les agriculteurs enregistrés. En avril 2023, 16 agriculteurs étaient inscrits sur la plateforme. Toutefois, celle-ci n’est actuellement pas accessible.

Solutions d’Intelligence Artificielle en service

L’Union des Comores ne dispose d’aucune solution d’intelligence artificielle en usage, et aucune stratégie nationale ni cadre politique dédié à l’intelligence artificielle n’a encore été élaboré.

Défis
Perspectives
Accès limité à des services numériques fonctionnels : Bien que plusieurs plateformes d’e-Gouvernement aient été officiellement lancées, leur accessibilité inconstante nuit à la confiance des usagers et freine l’adoption des services.

Cadre juridique sous-développé : L’absence de réglementations complètes, notamment en matière d’interopérabilité et de normes pour l’e-Gouvernement, constitue un obstacle majeur à l’extension des initiatives numériques.

Absence d’un système national d’identité numérique : Le manque d’un système d’e-ID sécurisé et reconnu limite les processus d’authentification dans les services publics et freine l’inclusion numérique.

Aucune infrastructure pour l’éducation numérique : En l’absence de systèmes pour soutenir l’apprentissage en ligne, le pays rencontre des difficultés à élargir l’accès à l’éducation et à développer les compétences numériques nécessaires à une transformation plus large.

Un secteur judiciaire toujours hors ligne : Le système judiciaire ne dispose d’aucun outil numérique ni de mécanismes d’accès en ligne, ce qui réduit la transparence et l’efficacité administrative.

Procédures commerciales fragmentées : L’absence d’une plateforme numérique intégrée pour le commerce transfrontalier entraîne des inefficacités procédurales et limite la compétitivité du secteur commercial.

La mise en place d’un guichet unique, basé sur la plateforme SYDONIA, pourrait renforcer l’attractivité du pays pour les investissements et mobiliser des ressources supplémentaires pour les infrastructures numériques et les services publics en ligne.

Renforcement des infrastructures numériques : Les récentes initiatives, notamment la mise en service d’un centre national de données de niveau Tier 3, appuyées par le PADEC, jettent les bases de services numériques publics plus résilients et interopérables.

Bases pour un système d’identité numérique : Bien qu’un cadre complet d’identité numérique n’existe pas encore, les réformes en cours dans le cadre du PADEC incluent des éléments pouvant soutenir son développement futur. L’expérience tirée de l’enregistrement biométrique des électeurs peut également orienter l’élargissement de la gestion de l’identité à l’ensemble du secteur public.

Développement de l’éducation numérique et des compétences : Les investissements prévus dans l’enseignement supérieur et la formation aux TIC, en particulier à l’Université des Comores, ouvrent des perspectives pour renforcer la culture numérique et permettre le déploiement progressif de modèles d’apprentissage à distance.

Engagement international soutenu : De solides partenariats avec les institutions multilatérales et les agences techniques telles que le PNUD, l’OMS ou la CNUCED continuent d’apporter un appui stratégique, financier et technique pour l’expansion de l’e-Gouvernement et des initiatives numériques sectorielles.

Opportunités de Partage des Savoirs

Bonnes Pratiques Nationales

Logiciel médical – Plateforme CI_MEDECIN

CI_MEDECIN est un outil numérique conçu pour accompagner les médecins lors des consultations médicales. Il permet la création et la gestion continue d’un dossier patient complet, intégrant à la fois des données personnelles et cliniques. Le système donne accès à l’historique des prescriptions, facilite la saisie des données en temps réel, assiste à la sélection de médicaments, d’analyses, d’imageries et de vaccins, permet de numériser et consulter les documents du patient, de gérer les rendez-vous, et d’établir des lettres d’orientation vers d’autres professionnels de santé.

Enregistrement biométrique des électeurs – Centre National de Traitement des Données Électorales (CNTDE)

L’introduction de l’enregistrement biométrique des électeurs aux Comores représente une solution numérique clé pour renforcer la fiabilité et la transparence du processus électoral. Lancée en 2010 avec le soutien du PNUD, l’initiative a conduit à la création d’un registre électoral biométrique et à la mise en place du Centre National de Traitement des Données Électorales (CNTDE). Ce système, basé sur la reconnaissance faciale et des empreintes digitales, permet l’identification sécurisée et unique des électeurs, réduisant considérablement les doublons et les fraudes. En 2015, 70 % des électeurs éligibles avaient été enregistrés biométriquement, et le nouveau système a été utilisé lors des élections nationales. Une mise à jour biométrique du registre électoral en 2023 confirme la poursuite de l’utilisation de cette infrastructure. Bien que la participation numérique globale reste limitée, le système biométrique constitue une base éprouvée pour une future numérisation électorale dans le pays.

Inspirations Régionales

Plateforme nationale d’apprentissage en ligne – TelmidTICE (Maroc)

Lancée en 2020 par le Ministère de l’Éducation Nationale du Maroc, TelmidTICE est une plateforme éducative numérique bilingue (arabe et français) qui offre un accès national à des leçons interactives, des vidéos et des exercices. Elle prend en charge la gestion de classes virtuelles, permettant aux enseignants d’attribuer des tâches et de suivre la progression des élèves. Accessible depuis divers appareils, TelmidTICE est devenue un outil essentiel pour assurer la continuité pédagogique, en particulier lors des fermetures scolaires liées à la COVID-19.

Plateforme de justice numérique – ECCMIS (Ouganda)

Lancée en 2022, ECCMIS (Electronic Court Case Management Information System) est la plateforme numérique intégrée de l’Ouganda pour la gestion complète du cycle de vie des affaires judiciaires, du dépôt jusqu’au jugement. L’une de ses principales fonctionnalités est le dépôt électronique (e-Filing), qui permet aux usagers de soumettre les documents en ligne via un portail public couvrant tous les types d’affaires et juridictions. Le système offre également un accès en temps réel au statut des affaires via téléphone mobile et SMS, ainsi que des notifications automatisées par SMS, e-mail et alertes internes à toutes les parties concernées.

Surveillance de la sécheresse – ZADMS (Zambie)

Lancé en février 2023, le Zambia Drought Management System (ZADMS) est une plateforme satellitaire développée par le Ministère de l’Agriculture avec le soutien de l’International Water Management Institute. Elle combine données satellitaires et données locales pour fournir des prévisions à l’échelle nationale et locale – saisonnières, sous-saisonnières et sur sept jours. ZADMS permet de détecter le début et l’intensité des épisodes de sécheresse, d’activer des plans d’urgence et de permettre des réponses rapides. Le système comprend des outils visuels tels que des cartes interactives et des bulletins d’information pour appuyer la prise de décision éclairée et atténuer les effets de la sécheresse sur l’agriculture et les communautés.

Auteurs:

Pavel Bianki

Olesya Kalashnik

Examiné par le Abdoulfatah Ousseine, SG Ministere de l’Energie, l’eau et des hydrocarbure de l’Union des Comores