E-Government Development in Mauritanie
Overview
La Mauritanie a historiquement enregistré des progrès limités en matière de numérisation, mais des développements récents indiquent un changement de cap. Depuis 2022, le Ministère de la Transition Numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration Publique (MTNIMA) – l’agence chef de file dans ce domaine – a accéléré ses efforts pour élaborer des stratégies numériques transversales et sectorielles. Une initiative clé est la Stratégie de Modernisation de l’Administration Publique 2024–2027, qui propose une approche structurée pour améliorer la performance de l’État, la prestation des services publics et la coordination institutionnelle.
La stratégie repose sur quatre piliers fondamentaux : le renforcement du rôle stratégique et réglementaire de l’État, la réorganisation des structures administratives, le renforcement de la gestion des ressources humaines et l’amélioration de la qualité des services publics. Elle met l’accent sur l’harmonisation des politiques, la gestion axée sur la performance, la décentralisation et l’intégration des outils numériques. La supervision est assurée par un Comité de Pilotage de haut niveau présidé par le Premier ministre, le MTNIMA en assurant le secrétariat.
Digitalization timeline
Topics and services
Régulateurs
Le Ministère de la Transformation Numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration (MTNIMA) est l’organisme gouvernemental principal chargé de la mise en œuvre de la Stratégie de Modernisation de l’Administration 2024–2027. Il joue un rôle clé dans la transformation de la gouvernance de l’État en Mauritanie. Selon le décret n° 127-2021, il est chargé de concevoir, coordonner, suivre et évaluer les politiques nationales en matière de transition numérique, d’innovation et de réforme administrative.
Au cœur de sa mission se trouve l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie nationale visant à améliorer le fonctionnement des services publics. Le ministère travaille à l’élaboration et à l’harmonisation des réglementations dans ce domaine, en veillant à la cohérence entre les institutions. Il coordonne également les réformes institutionnelles au sein des organes centraux de l’État, en étroite collaboration avec les autres ministères.
La technologie est au centre de ces efforts. Les outils numériques contribuent à simplifier les procédures, accroître la productivité, améliorer la qualité des services et réduire les coûts. Le ministère développe également des politiques pour promouvoir la bonne gouvernance et renforcer la communication entre les services publics et les citoyens.
Outre son rôle de politique publique, le ministère supervise et suit plusieurs institutions publiques et mixtes opérant dans son domaine. Il s’agit notamment de :
- Société Mauritanienne des Postes (MAURIPOST) ;
- Société pour le Développement des Infrastructures Numériques (SDIN) ;
- Centre de Formation et d’Échanges à Distance (CFED) ;
- Autorité de Régulation des Télécommunications ;
- International Mauritanian Telecom (IMT) ;
- Portail Mauritanien de Développement (PMD).
De plus, l’Agence du Numérique de l’État (ANETA) opère sous l’autorité du MTNIMA. Créée en 2021 avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’ANETA appuie la mise en œuvre de la stratégie numérique nationale de la Mauritanie. Ses travaux portent sur le développement et l’application de normes numériques dans l’administration publique, l’élargissement de l’accès à des services d’administration électronique simples et inclusifs, la promotion de la culture numérique auprès des fonctionnaires et des citoyens, ainsi que la réutilisation et l’interopérabilité des systèmes numériques.
Dans le domaine des données personnelles, un régulateur important est l’Autorité de Protection des Données à Caractère Personnel (APD). Composée de neuf membres nommés pour leur expertise juridique et technique, l’APD veille à ce que le traitement des données respecte les normes nationales.
Elle informe les personnes concernées et les responsables de traitement de leurs droits et obligations, traite les déclarations préalables, instruit les réclamations et peut signaler les violations au procureur de la République ou engager une action en justice. Elle effectue des contrôles, impose des sanctions et rend des avis officiels. L’autorité tient également un registre public des traitements, approuve des codes de conduite et régule les transferts transfrontaliers de données.
En outre, l’APD conseille sur les pratiques de protection des données, propose des améliorations législatives, coopère avec des homologues internationaux et remet un rapport annuel au Premier ministre, au Parlement et au ministre chargé des communications électroniques.
Un autre organe de régulation clé dans le secteur des TIC est le Haut Conseil du Numérique (HCN), une institution consultative placée sous l’autorité du Premier ministre. Selon le décret n° 2023-117, le HCN est chargé de conseiller le gouvernement sur toutes les questions liées aux technologies numériques, à leur développement, leur usage et les risques associés. Son rôle principal est d’orienter les politiques et stratégies nationales comportant une composante numérique, en veillant à ce qu’elles favorisent la confiance dans la technologie et contribuent à un développement économique et social inclusif. Le Conseil émet des avis d’experts sur les projets de politiques avant leur adoption, soutient le gouvernement durant leur conception, mise en œuvre et évaluation, et formule des recommandations pour renforcer les compétences numériques, les infrastructures et la cybersécurité.
Par ailleurs, le HCN encourage les partenariats public-privé et conseille sur l’organisation, les missions et la gouvernance des institutions du domaine des TIC, y compris des propositions de création ou de restructuration. Il identifie les obstacles et menaces au développement et à la sécurité numériques et propose les mesures appropriées. Le Conseil joue également un rôle dans le renforcement de la position de la Mauritanie dans les forums numériques internationaux et peut se voir confier des missions complémentaires par le gouvernement en matière de TIC.
Réglementations
Loi sur la cybersécurité et cybercriminalité
Loi n° 2016-07 du 20 janvier 2016 relative à la cybercriminalité
Cette loi établit le cadre juridique de la Mauritanie pour la lutte contre la cybercriminalité. Elle définit les infractions portant atteinte à la confidentialité, à l’intégrité et à la disponibilité des données et des systèmes informatiques, ainsi que les crimes liés aux contenus illicites, à la propriété numérique et aux menaces à la défense et à la sécurité nationales.
Elle aborde également la responsabilité des personnes morales, prévoit des peines complémentaires et établit les procédures et les compétences pour la poursuite des infractions numériques. Enfin, la loi engage la Mauritanie à coopérer au niveau international dans les enquêtes sur la cybercriminalité et la collecte de preuves électroniques, conformément aux accords internationaux pertinents.
Loi n° 2023-02/P.R/ autorisant la ratification de la Convention de l’Union Africaine sur la Cybersécurité et la Protection des Données à Caractère Personnel
La convention énonce les mesures nationales visant à renforcer la cybersécurité et à lutter contre la cybercriminalité. Elle définit les responsabilités des États dans la sécurisation des infrastructures numériques, fixe les attentes en matière de prévention et de réponse, et contient des dispositions pénales visant des infractions telles que l’accès non autorisé, les violations de données et l’utilisation abusive des systèmes numériques.
Certaines dispositions relatives à la cybersécurité figurent également dans la Loi n° 2018-022 portant sur les transactions électroniques. Toutefois, la Stratégie nationale de sécurité numérique 2022–2025 indique que la Mauritanie doit encore renforcer son cadre législatif dans ce domaine.
Loi sur la protection des données personnelles
Loi n° 2017-020 relative à la protection des données à caractère personnel
Cette loi définit les principes applicables au traitement des données personnelles en Mauritanie, y compris des règles spécifiques pour les données sensibles, les transferts transfrontaliers et l’interconnexion des données. Elle décrit les étapes préalables au traitement des données – telles que les déclarations, les autorisations et les exemptions – et précise les cas où l’approbation de l’Autorité de Protection des Données à caractère Personnel (APD) est requise.
Elle impose des obligations claires aux responsables de traitement en matière de confidentialité, de sécurité, de conservation et d’intégrité des données. Les individus bénéficient de droits fondamentaux, notamment l’accès, la rectification, la suppression et l’opposition au traitement. La loi détaille également le rôle et les pouvoirs de l’APD, y compris son autorité à contrôler la conformité et à appliquer des sanctions administratives ou pénales.
Loi n° 2023-02/P.R/ autorisant la ratification de la Convention de l’Union Africaine sur la Cybersécurité et la Protection des Données à Caractère Personnel
Dans le domaine de la protection des données personnelles, la convention fournit un cadre détaillé sur la manière dont les informations personnelles doivent être traitées. Elle définit les droits des individus – tels que l’accès, la rectification et le consentement – et énonce des obligations claires pour les responsables de traitement, incluant la confidentialité, la sécurité et la transparence. La convention établit également une structure institutionnelle pour assurer la conformité, résoudre les litiges et faire appliquer les règles, garantissant à la fois des protections juridiques et une responsabilité institutionnelle dans la gestion des données personnelles.
Certaines dispositions relatives à la protection des données sont également incluses dans le décret n° 2022-021/PM relatif à la conservation des données électroniques et au filtrage, ainsi que dans la Loi n° 2024-011/PR sur l’identification des abonnés aux services de communications électroniques ouverts au public et l’utilisation de ces services.
Standards d’E-Gouvernance
Des normes réglementaires pour l’administration électronique n’ont pas encore été élaborées.
Cadre d’Interopérabilité de l’E-Gouvernance
Un cadre formel d’interopérabilité pour les systèmes d’administration électronique n’a pas encore été établi.
Loi sur la Signature Électronique
Loi n° 2018-022/PR/ portant sur les transactions électroniques
La Mauritanie ne dispose pas encore d’une loi spécifique sur la signature électronique, mais sa définition et ses conditions d’utilisation sont abordées dans la Loi n° 2018-022, qui vise à sécuriser les transactions électroniques. Une signature électronique est définie comme des données sous forme électronique, jointes ou logiquement associées à d’autres données électroniques et utilisées pour identifier le signataire.
Le chapitre VIII, section 2 de la loi décrit comment les signatures électroniques peuvent être utilisées et reconnues. Il est précisé que personne ne peut être contraint à signer électroniquement, bien que les autorités publiques puissent le faire sous certaines conditions réglementaires. Les signatures électroniques ont une validité juridique si elles identifient clairement le signataire et expriment son consentement au contenu du document ; lorsqu’elles sont utilisées par un agent public, elles établissent également l’authenticité du document.
La loi fixe les critères qu’une signature doit remplir pour être jugée fiable et précise qu’une signature électronique ne peut être rejetée du seul fait de sa forme numérique ou de l’absence d’un type spécifique de certification. Elle définit également les normes techniques de base pour la création et la vérification des signatures électroniques, y compris les conditions de sécurité, d’intégrité des données et de certification des outils utilisés.
Réglementation sur l’Intelligence Artificielle
Des réglementations dans le domaine de l’intelligence artificielle n’ont pas encore été établies, mais la Mauritanie a élaboré la Stratégie Nationale pour l’Intelligence Artificielle 2025–2029.
Stratégies
L’engagement de la Mauritanie dans le secteur numérique a débuté avec l’adoption de la Stratégie nationale et du Plan directeur pour le développement des TIC (2002–2006), marquant les premiers pas du pays vers l’intégration dans la société de l’information et l’économie du savoir. Cette initiative a permis l’introduction d’un intranet gouvernemental à fibre optique et la création de systèmes d’information et de collaboration. Toutefois, comme l’ont souligné les stratégies ultérieures, le programme a connu des retards importants, et de nombreuses activités prévues n’ont été mises en œuvre qu’en 2010.
La réforme de l’administration publique en Mauritanie a pris de l’ampleur avec le lancement de la Stratégie Nationale de Modernisation de l’Administration et des TIC (2012–2016). Cette stratégie a marqué un tournant vers la numérisation des fonctions gouvernementales pour améliorer l’accessibilité, l’efficacité et la réactivité.
L’un des principaux volets portait sur le développement de l’administration électronique, non seulement à travers l’infrastructure technologique, mais également par la mise en place des cadres juridiques et institutionnels nécessaires à sa gestion et à sa pérennisation. Cela impliquait la création d’organes de supervision dédiés, la définition de normes réglementaires claires et le développement d’une plateforme numérique unifiée pour soutenir les services publics transactionnels. Les efforts se sont aussi concentrés sur la connexion des institutions publiques via des réseaux à haut débit, leur dotation en outils nécessaires, et la fourniture d’un ensemble de logiciels standardisés. L’expansion des services en ligne et le développement de contenus numériques locaux étaient perçus comme essentiels pour accroître l’accessibilité et la pertinence.
Pour encadrer la mise en œuvre, la stratégie proposait la création d’un Comité de l’administration électronique de haut niveau (CGOV) pour remplacer les anciennes structures de coordination jugées inefficaces. Le financement devait provenir d’un mélange de contributions révisées des opérateurs télécoms, de partenariats public-privé et d’allocation du budget national d’investissement, avec pour objectif à long terme de construire une prestation de services publics plus efficiente et durable.
Dans le cadre des efforts continus dans le secteur des TIC, la Mauritanie a élaboré en 2019 la Stratégie de promotion du Haut Débit et d’accès Universel. Étroitement alignée sur la Stratégie nationale de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) 2016–2030, elle définit des mesures pratiques pour améliorer la connectivité et l’inclusion numérique à l’échelle nationale.
La stratégie vise une couverture élargie du haut débit, une réduction des coûts d’accès à Internet et une amélioration de l’accès dans les zones reculées. Elle donne la priorité à la connexion des écoles et des services publics, à l’élargissement de l’usage des outils numériques dans l’administration, et au soutien de l’innovation locale. Elle aborde également la cybersécurité, le recyclage des équipements et le rôle des partenariats public-privé dans l’expansion des infrastructures et des services numériques.
En 2022, la Mauritanie a lancé l’Agenda National de Transformation Numérique 2022–2025, structuré autour de quatre priorités stratégiques : l’expansion des infrastructures numériques, la modernisation de l’administration publique, le soutien à la transformation numérique sectorielle et la promotion du commerce électronique et de l’innovation.
Le volet Administration numérique vise à rendre les services publics plus efficaces, transparents et orientés vers l’usager. Il comprend quatre initiatives clés : le développement de services numériques de bout en bout pour les citoyens et les entreprises, la construction d’une administration intégrée grâce à des systèmes interopérables, la mutualisation des infrastructures et services informatiques communs, et l’établissement d’un cadre pour les données ouvertes et la participation citoyenne.
Un total de 13 projets a été identifié dans ce pilier, pour un coût estimé à 29,2 millions d’euros (environ 31,7 millions de dollars américains). Le financement est réparti entre les partenariats public-privé (34 %), les partenaires au développement (32 %) et le budget de l’État (34 %). Les projets majeurs comprennent une plateforme nationale de services en ligne, un système d’identification numérique, un intranet gouvernemental à haut débit, une infrastructure cloud nationale, un système de passation électronique des marchés, ainsi que des plateformes de données ouvertes et de participation électronique pour soutenir la transparence et la redevabilité.
En complément, entre 2022 et 2023, le Ministère de la Transition Numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration Publique (MTNIMA) a élaboré plusieurs stratégies sectorielles, notamment la Stratégie nationale de sécurité numérique 2022–2025, la Politique nationale de participation électronique, la Stratégie nationale de données ouvertes et interopérables, et la Stratégie nationale de transition IPv6. Il a également lancé le Programme Régional d’Intégration Numérique en Afrique de l’Ouest (WARDIP – Mauritanie).
Dans le domaine de l’administration électronique, le cadre d’orientation actuel est la Stratégie de Modernisation de l’Administration 2024–2027, qui propose une approche structurée pour améliorer la performance de l’État, la prestation des services et la coordination institutionnelle. La stratégie est articulée autour de quatre axes stratégiques :
- Axe I : Renforcement du rôle stratégique et réglementaire de l’État
Met l’accent sur l’amélioration de l’élaboration des politiques publiques par des réformes juridiques, des procédures standardisées et des mécanismes d’évaluation, de coordination et de hiérarchisation des projets. Il prévoit aussi l’externalisation sélective de certaines fonctions publiques et la redéfinition des relations entre l’État et ses entités.
- Axe II : Réorganisation des structures et processus administratifs
Vise à moderniser le fonctionnement administratif à travers des processus de réorganisation actualisés, la mise en œuvre de la budgétisation par objectifs (LOLF), et un nouveau focus sur la décentralisation avec des incitations institutionnelles et des outils de suivi.
- Axe III : Renforcement de la gestion des ressources humaines
Cible l’amélioration des systèmes RH par l’introduction d’une gestion intégrée du personnel, des outils de gestion axée sur la performance, une réforme de la rémunération, des programmes de mobilité et des mécanismes de renforcement des capacités, en particulier pour les services locaux et sous-dotés.
- Axe IV : Amélioration de la qualité des services
Cherche à rendre les services plus accessibles et centrés sur le citoyen par l’introduction d’une charte nationale de l’usager, des plateformes numériques de réclamations et de feedback, des guichets uniques, la simplification des processus, la numérisation des procédures et des mesures de lutte contre la corruption.
La stratégie est pilotée par un Comité de pilotage présidé par le Premier ministre, avec la participation de ministères clés, le MTNIMA assurant le secrétariat, appuyé par un comité technique.
L’initiative la plus récente et la plus prospective est la Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle 2025–2029, qui vise à exploiter l’IA au service du développement durable et du leadership technologique. La stratégie se concentre sur le renforcement des capacités nationales, la promotion de la recherche et de l’innovation, le renforcement de la gouvernance des données et l’assurance d’un usage éthique de l’IA. Elle définit des applications concrètes de l’IA dans des secteurs clés tels que la santé, l’éducation, l’agriculture, la pêche, les transports, l’énergie et la défense, avec pour objectifs l’amélioration de la prestation de services, l’optimisation de la gestion des ressources et le renforcement de la compétitivité nationale.
Identification et biométrie
En Mauritanie, l’identification numérique (eID) est gérée via l’application mobile Houwiyeti, développée sous l’autorité de l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANRPTS). Ce système permet aux citoyens et aux résidents légaux d’accéder à leur identité numérique et de la présenter, y compris l’identité de leurs enfants âgés de plus de six ans.
L’eID se compose d’un ensemble de codes QR signés numériquement par l’ANRPTS, contenant des informations personnelles authentifiées telles que le nom complet, la nationalité, la photographie et d’autres éléments d’identité standard. Ces justificatifs numériques sont juridiquement reconnus et conçus pour être infalsifiables grâce à un mécanisme de signature numérique sécurisé mis en place par l’ANRPTS.
En plus des identités numériques, des actes d’état civil numériques (par exemple : naissance, mariage, divorce, décès) sont disponibles au format PDF via Houwiyeti, également signés avec deux codes QR garantissant l’authenticité des données. Ces documents reproduisent leurs équivalents papier et sont délivrés dans les deux langues officielles : l’arabe et le français.
La vérification des documents peut s’effectuer de trois manières :
- En ligne, via le site web de l’ANRPTS, en téléchargeant ou en scannant le document contenant les codes QR.
- Hors ligne, à l’aide de l’application mobile Houwiyeti, qui permet de scanner les codes QR et de vérifier l’authenticité sans connexion Internet.
- Via un SDK (Software Development Kit), permettant à des systèmes tiers d’intégrer des fonctionnalités de vérification de documents grâce à une boîte à outils fournie par l’ANRPTS.
Source : application mobile Houwiyeti
E-taxes
Pour s’enregistrer sur le système de télédéclaration et de télépaiement (STT), les usagers doivent d’abord obtenir un numéro de télé-déclarant (NTD). Une fois connectés, ils peuvent soumettre leur déclaration d’impôt sur les sociétés ainsi que leur déclaration de TVA.
Pour effectuer les paiements, les utilisateurs doivent enregistrer les coordonnées de leur carte bancaire. Le compte associé doit ensuite être autorisé aux paiements en ligne par leur banque.
Source: Direction Générale des Impôts
Les TIC dans l’éducation
L’adoption des TIC dans le secteur éducatif mauritanien reste modeste, plusieurs documents stratégiques en reconnaissant l’importance, mais leur mise en œuvre étant encore en cours de développement. Bien que l’intégration globale demeure limitée, plusieurs initiatives concrètes ont été lancées ces dernières années, reflétant un engagement institutionnel croissant en faveur de la transformation numérique de l’éducation.
La Stratégie pour la Croissance Accélérée et la Prospérité Partagée (SCAPP) 2016–2030 et la Stratégie pour le Haut Débit et l’Accès Universel de 2019 soulignent l’importance de l’inclusion numérique, en particulier à travers l’amélioration de la connectivité des écoles et la formation de base aux TIC pour les enseignants. D’autres cadres, tels que la Stratégie Nationale de Sécurité Numérique (2022–2025) et la Stratégie Nationale de Modernisation de l’Administration Publique et des TIC (2012–2016), prévoient un appui à l’apprentissage en ligne et aux activités de sensibilisation. Toutefois, un cadre national formel pour le développement des compétences numériques fait encore défaut.
En 2020, la plateforme d’apprentissage en ligne TAALIMI a été lancée. Elle propose des contenus éducatifs sous forme de textes et de vidéos répartis en cinq sections : collège, lycée, éducation fondamentale, écoles normales d’instituteurs et écoles normales supérieures.
Source: Ministère de l’Education et de la Réforme du Système de l’Enseignement
En 2021, le gouvernement a mis en place le Centre de Formation et d’Échanges à Distance (CFED) afin de promouvoir l’apprentissage à distance et de renforcer les capacités en TIC. Malgré son mandat, le CFED ne dispose pas de présence web indépendante, et aucune information accessible au public sur des réalisations concrètes n’est actuellement disponible.
Un nombre restreint de services publics numériques est accessible via le site du Ministère de la Transition Numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration Publique (MTNIMA). Ceux-ci incluent des plateformes de soumission de candidatures aux examens nationaux et de demandes d’emploi dans le secteur public. Un portail des procédures administratives fournit des descriptions de services sous la tutelle du Ministère de l’Éducation, mais ne permet pas d’effectuer les démarches en ligne.
Récemment, deux initiatives ont été lancées pour faire progresser l’éducation numérique. Le projet École Numérique, introduit en 2024, définit une feuille de route nationale pour l’éducation numérique et comprend des écoles pilotes dotées d’une connexion Internet en fibre optique et d’un programme de formation pour les enseignants à l’éducation numérique. Une seconde initiative, annoncée en 2025, est axée sur une plateforme numérique de formation continue des enseignants du primaire, soutenue par des infrastructures d’accès hors ligne et des plans de développement de contenu. Ces deux initiatives sont à un stade précoce.
Les TIC jouent progressivement un rôle plus actif dans le secteur éducatif en Mauritanie. Bien que le nombre de services en ligne disponibles et d’opportunités d’apprentissage numérique reste limité, plusieurs initiatives prometteuses sont en cours.
Les TIC dans le secteur de la santé
YATA Médical, créé en 2018, est le premier prestataire de télémédecine officiellement agréé en Mauritanie. Il propose une gamme de services de santé numériques visant à faciliter l’accès aux soins via une plateforme centralisée.
Le service inclut des consultations médicales en ligne, la gestion des rendez-vous, et des visites de soins à domicile par des médecins ou des infirmiers. Il intègre également des capteurs biométriques pour le suivi de la santé à distance, permettant aux patients de surveiller leurs signes vitaux en temps réel. YATA Médical accompagne aussi bien les particuliers que les établissements de santé en fournissant des outils numériques qui simplifient le suivi des patients et les processus administratifs.
Source: Yata Médical
Les informations relatives aux services du Ministère de la Santé sont disponibles sur le site du MTNIMA, mais ces services ne peuvent être ni consultés ni réalisés en ligne.
En octobre 2023, un projet de stratégie de santé numérique et un plan opérationnel ont été publiés, suivis d’une annonce gouvernementale en novembre 2024 concernant une stratégie nationale de santé numérique prévue jusqu’en 2030. Cette initiative vise à moderniser le système de santé et à élargir l’accès aux soins grâce aux outils numériques. Toutefois, aucune stratégie officielle n’a été publiée à ce jour.
E-Justice
La Mauritanie a entrepris des démarches initiales vers l’e-Justice à travers des initiatives numériques ciblées visant à améliorer l’accès aux services juridiques et à renforcer la transparence.
En octobre 2023, le gouvernement a lancé Himayeti, une plateforme en ligne de dépôt et de suivi des plaintes en matière de droits de l’homme. Gérée par le Commissariat aux droits de l’homme, la plateforme permet aux usagers de soumettre des réclamations à tout moment et depuis n’importe quel lieu. Elle est conçue pour simplifier le traitement des plaintes et renforcer l’interaction entre les citoyens et les autorités publiques. Himayeti complète une ligne téléphonique nationale dédiée au signalement de la traite des personnes et du trafic de migrants, et s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale des droits de l’homme.
Source : Himayti
D’autres avancées ont été réalisées en mars 2025 avec la numérisation du casier judiciaire. Les citoyens peuvent désormais demander et recevoir leur extrait de casier judiciaire en ligne via l’application Houwiyeti ou le portail Khidmati, supprimant ainsi la nécessité de se rendre physiquement dans les bureaux judiciaires. Ce développement s’inscrit dans un effort plus large de modernisation du secteur de la justice et d’élargissement de l’accès aux documents juridiques par des canaux numériques.
e-Élections, e-Vote
La Mauritanie n’a pas encore mis en œuvre de technologies d’e-Élection. Toutefois, en décembre 2023, le Ministère de la Transition Numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration Publique (MTNIMA) a élaboré une Politique nationale de participation électronique visant à renforcer l’engagement civique numérique.
Cette politique cherche à mettre à disposition des outils en ligne permettant aux citoyens de suivre l’activité parlementaire et de participer aux processus décisionnels. Elle met l’accent sur une participation inclusive, notamment des jeunes, des femmes et des populations rurales, et vise à améliorer la position de la Mauritanie dans les classements internationaux en matière de TIC et d’e-participation.
Government Service Bus
La Mauritanie n’a pas encore mis en place de Bus de Services de l’État, mais le pays progresse vers une plus grande intégration des systèmes. En juin 2023, le gouvernement a publié la Stratégie nationale de données ouvertes et interopérables, qui identifie l’établissement d’un cadre d’interopérabilité comme l’une de ses priorités clés. Ce cadre vise à permettre un échange de données plus efficace entre les entités gouvernementales et à poser les bases d’une prestation de services numériques coordonnée.
Internet de l’Environnement
La Mauritanie n’a pas encore mis en œuvre d’initiatives ou de solutions technologiques spécifiquement liées à l’Internet de l’environnement.
G2B
e-Procurement
En Mauritanie, les fonctions de commande publique électronique sont assurées par la plateforme Moudoun, qui permet l’accès aux appels d’offres clôturés, aux avis de marchés, aux listes restreintes, aux réponses aux demandes de clarification, ainsi qu’à l’enregistrement des fournisseurs.
Source: plateforme Moudon
Système d’Enregistrement des Entreprises et Sociétés
L’enregistrement des entreprises en Mauritanie est pris en charge par le Guichet Unique des Entreprises, opéré par l’Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie (APIM). Ce guichet centralise l’ensemble des procédures administratives liées à la création d’entreprise à Nouakchott, y compris l’immatriculation au registre du commerce, l’enregistrement auprès des services fiscaux et de la caisse nationale de sécurité sociale.
Pour enregistrer une entreprise, les demandeurs doivent d’abord se rendre au guichet d’information pour obtenir des orientations, puis soumettre un formulaire de demande unifié accompagné des pièces requises selon la forme juridique de l’entreprise. Après paiement des frais du greffe, la demande est traitée dans un délai de 48 heures. À l’issue du processus, le demandeur reçoit un certificat d’immatriculation au registre du commerce, un numéro d’identification fiscale et une confirmation d’affiliation à la sécurité sociale.
Guichet Unique du Commerce Extérieur
La Mauritanie n’a pas encore mis en place de Guichet Unique fonctionnel pour le Commerce Extérieur. Toutefois, en 2023, le Ministère du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et du Tourisme et le Ministère des Affaires Économiques et de la Promotion des Secteurs Productifs ont conjointement lancé un avis de pré-qualification pour un projet de partenariat public-privé (PPP). L’objectif est de recruter un opérateur pour la conception, le financement, la mise en œuvre et l’exploitation d’un Guichet Unique National pour le Commerce Extérieur (GUCE).
Numérisation de l’agriculture
Actuellement, les TIC ne sont pas intégrées dans le secteur agricole en Mauritanie. Selon la Stratégie numérique de l’agriculture de l’Union Africaine publiée en octobre 2023, la Mauritanie affiche un indice de préparation à l’agriculture numérique de 19,6, ce qui la classe dans le groupe 3 sur 4. Cette classification reflète un faible niveau de préparation et souligne la nécessité d’investissements importants en infrastructures, en renforcement des capacités et en innovation numérique pour permettre l’intégration des technologies digitales dans le secteur agricole.
Solutions d’Intelligence Artificielle
La Mauritanie n’a pas encore mis en œuvre de solutions d’intelligence artificielle, mais le pays a élaboré la Stratégie Nationale pour l’Intelligence Artificielle 2025–2029 pour soutenir le développement futur dans ce domaine.
La stratégie repose sur six piliers clés : le renforcement des capacités humaines par la formation en IA et en science des données et leur intégration professionnelle ; le soutien à la recherche et à l’innovation via un financement durable et des centres d’excellence ; la promotion de la collaboration internationale et de la participation responsable à la gouvernance mondiale des données ; l’assurance de jeux de données sécurisés et accessibles par une meilleure gouvernance des données ; l’expansion des infrastructures numériques, y compris le haut débit national et l’informatique en nuage ; et la mise en œuvre de politiques éthiques en matière d’IA, conformes aux cadres de protection des données et de régulation.
Défis
Perspectives
Les fondements juridiques essentiels pour le gouvernement électronique, y compris les normes nationales et un cadre d’interopérabilité, n’ont pas encore été élaborés.
La mauvaise coordination et le partage limité de données entre les entités gouvernementales persistent en raison de l’absence d’une infrastructure intégrée telle qu’un bus de services gouvernementaux. Dans l’ensemble, les services publics numériques sont peu nombreux, fragmentés entre plusieurs plateformes, et ne disposent pas d’un point d’accès centralisé ou d’un guichet unique. Des plateformes comme le site web de la MTNIMA fournissent des informations sur les services administratifs, mais ne permettent pas un accès complet ni l’accomplissement des démarches en ligne.
Il manque également d’initiatives concrètes en matière de protection environnementale numérique et de solutions liées à l’Internet de l’environnement, notamment en réponse à la désertification.
Investir dans les infrastructures numériques du secteur agricole permettrait de répondre aux défis opérationnels immédiats — tels que la logistique et la gestion des ressources — tout en posant les bases d’une innovation technologique à long terme dans l’un des secteurs clés de l’économie mauritanienne.
Le développement d’un portail en ligne unifié pour les services gouvernementaux permettrait de consolider les solutions existantes, de les rendre plus accessibles et de constituer une base pour l’introduction de nouveaux services numériques à l’avenir.
Opportunités de Partage des Savoirs
Bonnes Pratiques Nationales
Accès à la télémédecine – YATA Médical
Lancé en 2018, YATA Médical est le premier prestataire de télémédecine agréé en Mauritanie. Il propose des consultations médicales en ligne, des soins à domicile et un suivi de la santé en temps réel grâce à des capteurs biométriques. Il permet également la gestion des rendez-vous et des dossiers patients, en fournissant des outils numériques aux particuliers et aux établissements de santé.
Plateforme de réclamations en matière de droits humains – Himayeti
Himayeti, introduite en 2023 par le Commissariat aux droits de l’homme, permet aux usagers de soumettre et de suivre des plaintes en ligne relatives aux droits humains. La plateforme améliore l’accessibilité et la transparence dans le traitement des réclamations, et complète une ligne téléphonique nationale pour le signalement de la traite des personnes et des problèmes connexes.
Inspirations Régionales
Guichet unique – ZamPortal (Zambie)
Lancé en 2019, ZamPortal est la plateforme nationale d’administration électronique de la Zambie, donnant accès à plus de 340 services publics pour les particuliers et les entreprises. Reliée aux cartes nationales d’enregistrement des usagers, elle permet des paiements sécurisés via mobile money, cartes bancaires et services bancaires en ligne. La plateforme est adaptée aux mobiles et repose sur un Bus de Services de l’État facilitant l’échange de données entre institutions. En 2022, plus d’un quart des ménages déclaraient l’utiliser régulièrement.
Services judiciaires numériques – Afrique du Sud
Court Online est le système sud-africain de dépôt électronique et de gestion des affaires, opérationnel depuis 2020 auprès de la Haute Cour du Gauteng. Il permet le dépôt électronique des documents juridiques, la gestion des preuves via CaseLines, et la tenue d’audiences virtuelles. Le système propose des mises à jour en temps réel et réduit la nécessité de comparutions physiques, modernisant ainsi le processus judiciaire.
Portail de facilitation du commerce – Guichet Unique du Commerce Extérieur (Bénin)
Le Guichet Unique du Commerce Extérieur (GUCE) du Bénin, lancé en 2018, est un guichet numérique unique pour toutes les procédures de commerce extérieur. Il simplifie les démarches d’importation et d’exportation en permettant aux usagers de compléter les formalités et d’interagir avec plusieurs agences gouvernementales via un seul portail. L’intégration avec le système douanier national et les solutions de paiement électronique est en cours pour améliorer davantage l’efficacité des opérations.