E-Government Development in Maroc
Overview
Résumé
Le Maroc a réalisé des progrès significatifs dans le domaine de l’e-Gouvernance au cours des dernières années. Le pays a lancé plusieurs initiatives visant à améliorer la prestation des services et à renforcer l’engagement des citoyens par le biais des canaux numériques.
Digitalization timeline
Topics and services
Classements
En 2024, le Maroc se classait au 90e rang dans le rapport des Nations Unies sur le développement de l’administration électronique (contre la 101e place en 2022), avec un indice de développement de l’e-Gouvernement (EGDI) de 0,68. Selon l’indice de maturité GovTech de la Banque mondiale, le Maroc faisait partie des pays accordant une attention particulière aux technologies de gouvernance, avec un score GTMI (GovTech Maturity Index) de 0,613.
En 2021, le Maroc s’est classé au 8e rang des “Digital Risers” (classement des pays en termes de compétitivité numérique) des pays de la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient).
Comme indiqué dans l’étude nationale réalisée pour évaluer l’indice de maturité électronique des services publics marocains, les résultats montrent que seuls 23% des services publics nationaux en ligne sont entièrement numérisés (niveau de maturité élevé) et que 60% des services en ligne sont encore informationnels (niveau de maturité faible). De plus, l’évaluation granulaire indique que les e-services dépendants dont les données et les interactions dépendent d’autres administrations (externes ou internes) sont les moins bien classés.
Réglementations
- Loi n° 05-20 relative à la cybersécurité
Promulguée le 25 juillet 2020, cette loi établit un cadre juridique visant à renforcer la sécurité des systèmes d’information des entités publiques. Elle définit les règles et mesures de sécurité applicables pour garantir la résilience de ces systèmes. - Loi n° 09-08 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel
Promulguée le 18 février 2009, cette loi vise à protéger les individus contre les abus liés à l’utilisation de leurs données personnelles. Elle aligne le système marocain de protection des données sur les standards internationaux et crée la Commission Nationale de contrôle de la protection des Données à caractère Personnel (CNDP). - Loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques
Proposée le 30 novembre 2007, cette loi établit le régime applicable aux données juridiques échangées par voie électronique et reconnaît l’équivalence juridique entre les documents électroniques et les documents papier. Elle définit également le cadre juridique des prestataires de services de certification électronique ainsi que les règles auxquelles doivent se conformer ces prestataires et les titulaires de certificats électroniques. - Loi n° 55-19 du 6 mars 2020
Cette loi a pour objectif de simplifier les procédures et formalités administratives au Maroc, dans le but de renforcer la confiance entre l’administration et les usagers. Elle établit plusieurs principes généraux, dont la transparence, la simplification, la fixation de délais maximaux pour le traitement des demandes et la promotion de la digitalisation des services administratifs. En 2022, la Direction Générale des Impôts du Maroc s’est dotée d’un agent conversationnel (chatbot) dans le cadre de la diversification de ses canaux de communication et de la facilitation de ses interactions avec les usagers. - À ce jour, le Maroc ne dispose pas encore d’une législation spécifique encadrant l’intelligence artificielle. Toutefois, des initiatives sont en cours pour développer un cadre juridique adapté, en s’appuyant sur les lois existantes en matière de protection des données et de cybersécurité. Par exemple, le ministère de la Justice prépare un texte visant à réguler l’usage de l’IA, dans le but de garantir un usage éthique tout en protégeant les citoyens contre les risques potentiels.
Régulateurs
Le Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration
Au Maroc, ce ministère est un acteur clé de la transformation numérique du pays et de l’amélioration de l’efficacité de l’administration publique. Ses fonctions principales incluent la digitalisation des services publics, avec pour objectif de rendre les services numériques accessibles aux citoyens, aux entreprises et aux administrations. Il supervise également la mise en œuvre de la stratégie «Maroc Digital 2030», visant à améliorer les services d’e-Gouvernement et à renforcer les infrastructures numériques. En outre, il œuvre à la simplification des procédures administratives par des moyens numériques afin d’accroître la transparence de l’administration et l’efficacité globale des services publics.
Agence de Développement du Digital (ADD)
Créée par la loi n° 61.16 en 2017, l’Agence du Développement du Digital est un établissement public stratégique placé sous la tutelle du Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration. L’ADD se concentre davantage sur les aspects techniques de la transformation numérique, tels que le développement des infrastructures digitales, le soutien aux startups, la gestion de projets numériques et la promotion de l’innovation technologique. Elle agit comme organe d’exécution pour bon nombre des initiatives stratégiques du ministère.
Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT)
L’ANRT est un organisme public marocain placé sous la tutelle du Chef du Gouvernement. Créée en 1998, elle est chargée de réguler le secteur des télécommunications, de garantir une concurrence loyale et de promouvoir le développement des infrastructures numériques. Ses principales missions comprennent la gestion de l’attribution du spectre des fréquences radioélectriques, la délivrance des licences aux opérateurs de télécommunications et le contrôle du respect de la réglementation. L’ANRT œuvre également à la protection des consommateurs en garantissant la qualité et l’accessibilité des services, et intervient dans la régulation du marché et la résolution des litiges entre opérateurs.
Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information (DGSSI)
La DGSSI est chargée de la sécurisation des systèmes d’information au Maroc, aussi bien dans les secteurs public que privé. Créée par le décret n° 2-11-509 du 21 septembre 2011, elle est rattachée à l’Administration de la Défense Nationale du Royaume du Maroc. Elle élabore et met en œuvre les politiques et stratégies nationales en matière de cybersécurité, veille au respect des normes de sécurité et supervise la protection des infrastructures numériques. La DGSSI coordonne la réponse aux incidents de cybersécurité, protège les infrastructures critiques nationales, et promeut la sensibilisation à la cybersécurité par la formation et la mise à disposition de ressources. Elle collabore avec des organisations nationales et internationales pour partager des informations sur les menaces et les bonnes pratiques, soutient la recherche et le développement en cybersécurité et contribue à l’élaboration des cadres juridiques relatifs à la protection des données et à la sécurité numérique. Par ailleurs, la DGSSI intervient dans la prévention et l’enquête sur la cybercriminalité, assurant la résilience et la sécurité des systèmes d’information du Maroc.
Cadre d’interopérabilité
Plateforme nationale d’interopérabilité (GISRE – Gestion Intégrée et Sécurisée des Ressources de l’État)
La plateforme nationale d’interopérabilité, connue sous le nom de GISRE, repose sur une solution de gestion d’API et propose des fonctionnalités telles que l’accès sécurisé, le chiffrement des données échangées et l’audit des événements. Cette plateforme facilite l’interaction et l’échange de données entre les administrations publiques et les organisations privées, améliorant ainsi l’efficacité des services publics. https://gisre.gov.ma/ (site inaccessible depuis l’Union européenne)
Portail national des services en ligne (e-services.gov.ma)
Prévu pour être lancé en 2025, ce portail unifié rassemblera 650 services en ligne, couvrant les besoins des citoyens, des entreprises et des administrations. Pour les citoyens, la plateforme proposera notamment des services de demande de documents d’identité, d’accès à l’état civil numérique et de suivi des aides sociales via le Registre Social Unifié (RSU). Pour les entreprises, elle offrira des outils pour la création d’entreprise en 72 heures, le dépôt de brevets et l’accès au guichet unique PortNet pour les opérations commerciales transfrontalières. Pour les administrations, elle comprendra des modules de gestion des ressources humaines, des marchés publics électroniques et un tableau de bord de performance en temps réel. Le service est encore en phase de développement. Actuellement, seule la page du portail officiel maroc.ma est accessible. Elle propose une gamme de services numériques et de ressources, comme le Casier judiciaire électronique, l’espace d’accès aux services pour les retraités percevant une pension du RCAR, le site de demande de passeport biométrique, la demande d’acte de naissance, etc. On y trouve plus de 50 liens vers d’autres sites et portails gouvernementaux. La Direction e-Gov, sous la tutelle de l’Agence de Développement du Digital (ADD), est chargée de faire progresser les services numériques dans l’administration, ce qui pourrait inclure à l’avenir des initiatives de vote électronique.
Identification et biométrie
En 2020, le Maroc a introduit la Carte Nationale d’Identité Électronique (CNIE) et a délivré plus de 10 millions de cartes, soit un tiers de la population. Plus de 9 millions d’utilisateurs accèdent désormais aux services numériques grâce à ces cartes compatibles NFC. Ces cartes contiennent des données biométriques (empreintes digitales et reconnaissance faciale) stockées sur des puces sécurisées. L’authentification via NFC peut être utilisée à l’aide de smartphones ou de lecteurs pour accéder à distance aux services en ligne. Elles sont délivrées à tout citoyen marocain qui en fait la demande, sans condition d’âge, sauf décision judiciaire contraire. En complément des passeports biométriques, l’administration marocaine a mis en place ces cartes d’identité électroniques, qui ont considérablement simplifié les démarches administratives pour l’obtention de certains documents, notamment le certificat de résidence. Le développement de ces cartes d’identité biométriques a été réalisé en partenariat avec IDEMIA, une entreprise française spécialisée dans les solutions de sécurité liées à l’identité.
Source: Passeport.ma (page d’accueil)
Digitalisation de l’état civil
Le Registre Social Unifié (RSU) est un système d’information national destiné à enregistrer les ménages souhaitant bénéficier des programmes d’aide sociale gérés par les administrations publiques, les collectivités territoriales et les organismes de droit public. À ce jour, 8,5 millions de bénéficiaires sont déjà suivis via des algorithmes d’éligibilité basés sur l’intelligence artificielle.
Systèmes de télépaiement des impôts (e-Tax)
Le Maroc est en voie de devenir l’un des leaders de la région africaine en matière de paiements réalisés via les systèmes fiscaux électroniques. Fin 2024, près de 2 millions de paiements et opérations de consultation fiscale ont été effectués via le site de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR). Cette plateforme permet aux contribuables de soumettre leurs déclarations fiscales, de payer les frais de déclaration, et de vérifier l’authenticité des documents fiscaux à l’aide d’un smartphone et d’un lecteur de QR code. Par ailleurs, la Direction Générale des Impôts (DGI) a lancé une initiative visant à rendre la facturation électronique obligatoire pour toutes les entreprises d’ici 2026, dans le but d’améliorer l’efficacité et la transparence des opérations fiscales.
Source : Portail des e-Services de la Direction Générale des Impôts
Malgré le fait qu’une transaction sur trois soit réalisée de manière numérique et que l’on observe une tendance positive quant à l’augmentation du nombre de portefeuilles numériques, le montant total des espèces en circulation au Maroc représente environ 30 % du PIB, soit 157 milliards de dollars, l’un des taux les plus élevés au monde. La stratégie « Maroc Digital 2030 » vise à réduire le nombre de paiements en espèces et met l’accent sur le développement de solutions numériques supplémentaires, y compris des solutions soutenues par l’État.
e-Justice
En janvier 2024, le Ministère de la Justice a annoncé le lancement prochain d’une plateforme numérique pour la gestion des demandes de nationalité, permettant aux citoyens de soumettre et suivre leurs demandes en ligne, ce qui contribue à réduire les délais de traitement et à renforcer la transparence.
Source: mahakim.ma
Il existe également un site web spécialisé permettant de prendre un rendez-vous en ligne pour les services consulaires, notamment pour le dépôt d’une demande de certificat de nationalité marocaine destinée aux membres de la diaspora.
Guichet unique pour l’accès aux services gouvernementaux
Idarati.ma (Idarati – “mon administration” en arabe) est un portail public qui fournit des informations sur les procédures administratives et les services d’e-Gouvernement disponibles en ligne. Cette plateforme est le seul espace électronique officiel, fiable et intégré permettant d’obtenir toutes les informations relatives aux services administratifs et d’effectuer les transactions administratives qui y sont liées. Ce portail inclut exclusivement les procédures et décisions administratives qui ont été approuvées par le Comité National des Procédures Administratives, et son contenu est progressivement mis à jour et renouvelé avec toutes les décisions approuvées par le Comité. Le site fournit des informations sur 6 domaines, parmi lesquels le travail et l’emploi, la santé et les affaires sociales, etc. En mars 2025, Idarati est en cours de transformation en un portail guichet unique à grande échelle, unifiant plus de 2700 procédures administratives.
Source: Idarati (page principale)
Éducation
Depuis 1999, le Maroc accorde une importance particulière à l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le système éducatif. En 1999, le pays a lancé le Programme d’Urgence pour l’Intégration des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Éducation.
En mars 2005, une stratégie visant à généraliser l’usage des TIC dans l’enseignement public a été adoptée. Sa mise en œuvre aux niveaux de l’enseignement primaire et secondaire vise à garantir l’accès aux infrastructures et services TIC à plus de 22 % de la population marocaine, avec des contenus adaptés, sur l’ensemble du territoire du Royaume du Maroc.
Le programme GENIE s’inscrit dans cette stratégie de généralisation des TIC. Lancé début 2006 et révisé en 2009, le programme, qui couvre l’ensemble des établissements scolaires du Maroc, s’articule autour de quatre domaines principaux, notamment l’infrastructure (installation d’environnements multimédias connectés à Internet), la formation des enseignants (plusieurs modules de formation sont proposés aux inspecteurs, chefs d’établissement et enseignants), les ressources numériques (création d’une bibliothèque numérique nationale et d’un portail national des TIC), et le développement des usages (accompagnement technique des utilisateurs).
Le programme Nafida, initié par la Fondation Mohammed VI, vise à faciliter l’accès aux TIC pour les enseignants marocains. Lancé en mai 2008, Nafida 1 a permis à 150 000 professionnels d’acquérir du matériel informatique et des abonnements Internet. Le budget total de Nafida 1 s’élevait à environ 430 millions de dirhams marocains. Nafida 2 a été lancé le 9 juin 2021 dans le cadre du plan d’action 2018-2028 de la Fondation. Cette deuxième édition propose des subventions à l’achat d’ordinateurs pouvant aller jusqu’à 2 000 dirhams marocains, ainsi que des services Internet et mobiles à prix réduit – une réduction de 25 % sur les tarifs publics des abonnements Internet haut débit, avec une enveloppe budgétaire totale de 300 millions de dirhams marocains. En juin 2024, trois ans après son lancement, Nafida 2 avait dépassé les 100 000 bénéficiaires.
En 2020, le Maroc a mis en œuvre une plateforme d’apprentissage en ligne appelée TelmidTICE pour offrir aux élèves des opportunités d’apprentissage à distance. La plateforme, disponible en arabe et en français, a été lancée par le Ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle et de la Recherche scientifique. TelmidTICE propose une variété de contenus, notamment des cours interactifs, des vidéos et des exercices pratiques. Les enseignants peuvent également utiliser la plateforme pour créer et gérer des classes virtuelles, attribuer des devoirs et suivre les progrès des élèves. La plateforme est accessible à tous les élèves du Maroc et peut être utilisée sur différents appareils, y compris les smartphones, tablettes, ordinateurs portables et ordinateurs de bureau. Elle s’est révélée particulièrement utile pendant la pandémie de COVID-19, lorsque les écoles étaient fermées et que l’enseignement s’est poursuivi en ligne.
Source: TelmidTICE (page principale)
Santé
Stratégie Nationale de Santé Numérique
En 2018, le gouvernement marocain a élaboré la Stratégie Nationale de Santé Numérique, visant à intégrer les technologies numériques dans le système de santé afin d’améliorer les services et de garantir un accès équitable aux soins. Cette stratégie prévoit la mise en place d’un Système National d’Information Sanitaire permettant de centraliser et d’harmoniser les données de santé à l’échelle du pays.
Dossiers Médicaux Électroniques (DME)
L’adoption des Dossiers Médicaux Électroniques (DME) est en cours dans plusieurs établissements de santé au Maroc. Par exemple, le système HOSIX, développé par l’entreprise espagnole SIVSA, est utilisé depuis 2009 dans certains hôpitaux publics. Il intègre divers modules pour les fonctions cliniques et administratives, notamment les dossiers médicaux, la pharmacie, le laboratoire, la radiologie, les blocs opératoires, les services d’urgence, la facturation et la prise de rendez-vous.
Plusieurs plateformes numériques ont été développées pour faciliter la prise de rendez-vous médicaux en ligne, améliorant ainsi l’accès aux soins pour les patients, comme DabaDoc. Fondée en 2013, cette plateforme permet aux patients de trouver et de réserver des rendez-vous auprès de professionnels de santé à proximité. Odocteur, lancé en 2021, propose également un service de réservation de rendez-vous en ligne avec des spécialistes, des médecins généralistes et d’autres professionnels de la santé.
La télémédecine est devenue un outil essentiel pour améliorer l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales et isolées. Le gouvernement marocain a lancé une initiative nationale de télémédecine visant à couvrir 80 % des « déserts médicaux » d’ici 2025, ciblant une population de 1,5 million de personnes.
e-Vote
En avril 2025, le Maroc a mis en place des mécanismes de vote électronique (e-vote) au sein de certaines institutions gouvernementales, notamment la Chambre des Conseillers (chambre haute du Parlement), qui a adopté le vote électronique à distance pour les sessions législatives dès mai 2020. Toutefois, il n’existe pas de site gouvernemental dédié exclusivement aux services de vote électronique accessible au grand public.
Cadre d’échange de données
L’Agence de Développement du Digital (ADD) a lancé le Cadre Général d’Interopérabilité (GISRE), une plateforme d’interopérabilité de l’e-Gouvernement destinée à faciliter l’échange sécurisé et transparent de données entre les administrations, agences et institutions publiques. La plateforme est principalement conçue pour un usage interne par les entités gouvernementales marocaines et n’est pas accessible au public. Elle est opérationnelle depuis 2021 et utilisée dans des projets nationaux tels que le RSU (Registre Social Unifié), AMO Tadamoun, ainsi que pour les échanges de données entre le système Massar et son écosystème. Elle permet le partage de données cryptées entre les différentes institutions publiques grâce à l’utilisation d’API, assurant ainsi une connexion sécurisée entre les bases de données gouvernementales.
Internet de l’Environnement
Le Maroc a mis en place des systèmes numériques pour la surveillance météorologique et la prévision du temps. La Direction de la Météorologie Nationale opère des plateformes numériques telles que meteomaroc.com, qui fournit des données météorologiques pour différentes régions du pays. Ce service propose des prévisions météorologiques à 15 jours pour des villes comme Casablanca, incluant des informations détaillées sur les températures, les précipitations et la vitesse du vent.
Le Maroc est également couvert par les Observatoires Régionaux de l’Environnement et du Développement Durable (OREDDs): établis dans chaque région, les OREDDs gèrent les Systèmes d’Information Régionaux sur l’Environnement (SIRE), responsables de la production et de la diffusion d’informations environnementales adaptées aux contextes régionaux. Dans le cadre de sa double mission d’observatoire de l’environnement et du développement durable et de centre d’analyse systémique et prospective, le Plan Bleu, depuis sa création en 1977, fournit aux Parties contractantes de la Convention de Barcelone des données, statistiques et indicateurs permettant d’alimenter les évaluations illustrant les tendances des relations entre l’environnement et le développement en Méditerranée, et d’élaborer des scénarios pour orienter les actions et appuyer les processus décisionnels.
G2B
Le portail Startup Hub, lancé en 2019 à Rabat, a été mis en place par l’Agence du Développement du Digital (ADD). Grâce à cette plateforme, les jeunes entreprises innovantes répertoriées bénéficient de la possibilité de payer en devises étrangères les services importés en lien avec leurs activités, dans la limite de 500 000 dirhams par année civile.
Conformément à la stratégie de croissance du Maroc Horizon 2025, il est prévu de créer un réseau de plus de 2 500 startups au cours des cinq prochaines années.
Source: Portail Startup Hub (page d’accueil)
Le Portail des Marchés Publics du Maroc sert de plateforme centrale pour la publication des avis d’attribution de marchés et des appels d’offres, et permet aux utilisateurs de consulter et de télécharger les dossiers de consultation. La plateforme de passation électronique des marchés publics s’est classée au 5ᵉ rang des sites gouvernementaux les plus visités en juin 2023, avec un nombre de visites dépassant les 300 000.
Source: Portail des Marchés Publics (page d’accueil)
Lancée en 2008 par l’Agence Nationale des Ports (autorité portuaire au Maroc), la plateforme PortNet de guichet unique est un outil visant à mettre en œuvre plusieurs stratégies sectorielles pour améliorer le climat des affaires, le commerce, ainsi que les secteurs portuaire et logistique. Elle accompagne plus de 90 000 utilisateurs à travers plus de 120 services communautaires innovants et exclusivement électroniques, afin de faciliter les opérations d’importation et d’exportation.
Le processus d’enregistrement et d’octroi de licence pour une entreprise au Maroc comprend plusieurs étapes, notamment la vérification de la disponibilité du nom commercial, la rédaction des statuts, l’obtention d’un identifiant fiscal, ainsi que l’acquisition des licences et autorisations nécessaires. Des guides sont disponibles pour accompagner les entrepreneurs tout au long de ces démarches.
L’écosystème marocain de paiement électronique repose sur le Centre Monétique Interbancaire (CMI), qui joue le rôle d’intermédiaire central pour les transactions d’e-commerce, en apportant un soutien aussi bien aux porteurs de cartes qu’aux commerçants en ligne.
Créé par neuf grandes banques (Arab Bank, Attijariwafa Bank, BCP, BMCE, BMCI, Crédit Agricole du Maroc, CIH, Crédit du Maroc et SGMB), le CMI a mis en place une plateforme technique performante et sécurisée pour les paiements à distance. Cette infrastructure a permis le développement des achats à distance au Maroc et soutient diverses formes de transactions électroniques, y compris les paiements G2B (gouvernement-entreprise).
Agriculture
Le Ministère de l’Agriculture développe activement une stratégie globale de transformation numérique de l’ensemble de l’écosystème agricole. Cette révolution numérique constitue un axe central de la stratégie nationale « Génération Green », qui place l’innovation et la durabilité au cœur du développement agricole. En 2022, le ministère a entamé l’élaboration d’une feuille de route stratégique spécifiquement conçue pour initier la révolution numérique dans le secteur agricole. Cette initiative englobe à la fois les entités institutionnelles et les exploitations agricoles à travers toute la chaîne de valeur. Le ministère a alloué un budget de plus de 4,5 millions de dirhams à une étude de base visant à définir les orientations stratégiques de cette transformation digitale.
Le Maroc s’est fixé des objectifs ambitieux dans le cadre de son programme d’agriculture numérique. D’ici 2030, le pays prévoit de connecter au moins 2 millions d’agriculteurs à des plateformes de services numériques. L’agriculture marocaine connaît actuellement l’intégration de technologies numériques sophistiquées, telles que des robots et des drones automatisés pour la surveillance et les opérations, l’intelligence artificielle et l’analyse de données massives (Big Data) pour l’aide à la décision, des pièges électroniques pour la gestion des nuisibles, ainsi que des plateformes web et des logiciels de gestion agricole pour l’administration globale des exploitations. Par ailleurs, un écosystème de startups agritech émerge au Maroc en réponse aux besoins numériques du secteur agricole. Par exemple, SOWIT développe des applications mobiles fournissant aux agriculteurs des données de précision sur l’irrigation, la fertilisation et les rendements à l’aide de capteurs et d’intelligence artificielle. Arwa Solutions est spécialisée dans la gestion de l’irrigation via des applications mobiles connectées à des capteurs déployés sur le terrain. AgriBusiness.ma propose une plateforme permettant aux agriculteurs marocains de commercialiser leur production agricole, leur matériel, leurs terrains ou leurs exploitations.
Le gouvernement marocain a également lancé le Pôle Digital de l’Agriculture, de la Forêt et de l’Observatoire de la Sécheresse, un hub numérique axé sur la modernisation interne, la promotion de l’investissement dans l’agriculture 4.0, et la coordination de la gouvernance de la transformation numérique du secteur agricole.
Applications de l’IA
En janvier 2022, le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Réda Chami, a appelé à l’établissement d’une politique nationale dédiée à l’intelligence artificielle (IA), en lui accordant une priorité dans le projet de transformation numérique. Il a souligné la nécessité d’assurer, dans un délai maximal de trois ans, un accès généralisé à Internet haut débit pour toute la population, avec une qualité de service satisfaisante et un prix abordable et compétitif.
Depuis 2020, plusieurs start-up marocaines spécialisées dans l’IA ont vu le jour, telles que : ATLAN; SpaceJobop; SARLDataPathology
Selon l’Observatoire des politiques de l’IA de l’OCDE, les investissements en capital-risque dans l’intelligence artificielle au Maroc ont atteint 9 millions de dollars US en 2023. En mai 2023, Israël et le Maroc ont convenu de créer un centre de recherche dédié au développement de l’innovation et de l’IA.
Quelques exemples d’applications multisectorielles de l’IA :
- Santé : les hôpitaux marocains intègrent des systèmes d’IA pour les diagnostics médicaux, permettant une détection plus rapide et plus précise de maladies comme le diabète et certains cancers à partir de l’imagerie médicale.
- Transports : des technologies d’IA sont utilisées pour la gestion du trafic et la reconnaissance des plaques d’immatriculation, contribuant à l’amélioration des transports publics et au renforcement des mesures de sécurité.
- Finance : les institutions financières adoptent l’IA pour optimiser les processus décisionnels et améliorer le service client, dans le but de renforcer leur compétitivité sur le marché mondial.
Défis
Perspectives
Une part importante de la population, en particulier dans les zones rurales, reste déconnectée en raison d’une infrastructure numérique insuffisante. Alors que la pénétration d’Internet est relativement élevée dans les zones urbaines, seulement 55 % de la population rurale utilise Internet. Cette fracture numérique limite l’accès aux services d’e-Gouvernement, restreignant la portée des initiatives de l’administration publique. De plus, les inégalités de genre aggravent encore cette situation : 79 % des hommes utilisent Internet contre seulement 56 % des femmes.
Au-delà des infrastructures, le manque de compétences numériques représente un obstacle majeur. Près de 38 % de la population rurale est analphabète, avec une proportion de femmes particulièrement élevée. Cela entraîne un faible niveau d’engagement envers les services numériques et une réticence à adopter les nouvelles technologies, ralentissant ainsi les efforts de numérisation du pays.
Le problème peut-être le plus urgent reste la fragmentation du cadre juridique et réglementaire. Bien que des lois comme la Loi n° 09-08 sur la protection des données personnelles et la Loi n° 05-20 sur la cybersécurité posent les bases de l’e-Gouvernance, leur application demeure inégale. La mauvaise coordination entre les agences gouvernementales génère des inefficacités et des lourdeurs administratives.
Le Maroc ne dispose pas d’une plateforme nationale unique centralisant l’accès à l’ensemble des services publics. Par exemple, la procédure de demande de nationalité marocaine en ligne peut s’avérer confuse, plusieurs sites gouvernementaux fournissant des informations contradictoires. De plus, beaucoup de ces sites sont difficiles à naviguer, sujets à des erreurs, voire inaccessibles depuis l’étranger. Par ailleurs, les entreprises doivent interagir avec plusieurs entités (OMPIC pour l’enregistrement, DGI pour les impôts, CNSS pour la sécurité sociale), au lieu d’un portail en ligne unique dédié aux affaires.
Enfin, un système national de e-santé centralisé, regroupant la prise de rendez-vous, les dossiers médicaux et les demandes de remboursement d’assurance maladie, reste encore à mettre en place.
L’amélioration de la culture numérique nécessite des actions ciblées, incluant l’intégration de l’éducation numérique dans les écoles et les centres publics, ainsi que des programmes de formation communautaire axés sur les outils numériques et les services d’e-Gouvernement. Des plateformes telles que TelmidTICE offrent une opportunité précieuse de sensibilisation et d’amélioration globale des compétences numériques dans le pays.
L’amélioration de l’ergonomie des sites gouvernementaux est cruciale, avec une priorité donnée à un design mobile-first, un support multilingue (arabe, français, amazigh et anglais), une uniformisation graphique et une interopérabilité fluide entre les différentes plateformes gouvernementales.
La création d’un portail centralisé d’e-Gouvernement permettrait de simplifier l’accès aux services tels que l’état civil, la déclaration fiscale ou l’enregistrement des entreprises. Le renforcement du cadre juridique est également indispensable : cela implique l’application stricte des lois sur la protection des données, la mise en œuvre de mesures de cybersécurité robustes, la promotion des identités numériques et des signatures électroniques, ainsi que l’amélioration de la coordination institutionnelle afin de mettre fin à la fragmentation réglementaire.
En adoptant ces mesures, le Maroc pourra combler la fracture numérique, renforcer la confiance du public dans les services numériques de l’État et stimuler un développement économique et social plus large.
Opportunités de partage des connaissances
Inspiration régionale
Portail Guichet Unique
L’une des plateformes d’e-Gouvernement les plus avancées et les mieux développées en Afrique fonctionne au Rwanda. Le portail IremboGov offre plus de 100 services numériques, notamment le paiement des impôts, l’enregistrement d’entreprises et les demandes d’actes de naissance. IremboGov a été créé dans le cadre d’un partenariat public-privé. Un autre exemple remarquable est eCitizen au Kenya, une plateforme numérique unique d’accès aux services publics (demandes de passeport, déclarations fiscales, etc.).
Bonnes pratiques nationales
TIC dans l’éducation
Le Maroc a utilisé de manière efficace les technologies numériques pour améliorer l’accès à l’éducation grâce à la plateforme TelmidTICE, développée en collaboration avec le Ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle et de la Recherche scientifique. Cette plateforme bilingue (arabe et français) propose aux élèves des cours interactifs, des vidéos pédagogiques et des exercices pratiques, soutenant de manière significative l’enseignement à distance. Les enseignants peuvent également exploiter les ressources de la plateforme pour faciliter l’instruction en ligne. TelmidTICE s’est révélée particulièrement précieuse durant la pandémie de COVID-19, permettant la continuité de l’apprentissage malgré la fermeture des écoles, et démontrant ainsi la capacité du Maroc à répondre efficacement aux perturbations éducatives par des solutions numériques.
Un autre exemple notable est le programme GENIE, qui vise à intégrer les outils numériques dans les écoles marocaines. Il fournit des tablettes, des salles de classe numériques et des formations pour les enseignants afin de renforcer les compétences en littératie numérique.
Auteurs:
Mikhail Golubtsov
Sofia Alypova